Ton client assuré a le droit de venir chez toi. Ce qu’il faut lui dire, la cession de créance pour qu’il n’avance rien, et ce qui restera à sa charge.
Ton client a un accrochage. Il appelle son assureur, qui lui propose un atelier du réseau : rien à avancer, un rendez-vous rapide, parfois une voiture de prêt. Il dit oui, souvent sans savoir qu’il pouvait venir chez toi. Tout se joue avant ce coup de fil : il faut qu’il pense à toi, et qu’il sache que chez toi aussi, c’est simple.
Ton client a le droit de venir chez toi#
Depuis la loi Hamon de 2014, le contrat d’assurance auto doit dire que l’assuré choisit son réparateur. Et l’assureur doit le lui rappeler dès qu’il déclare le sinistre, « de manière claire et objective ». Si la déclaration se fait au téléphone, il doit le lui confirmer par écrit, un mail ou un SMS.
Dis-le à ton client avec ces mots-là : c’est son droit, c’est dans son contrat.
La loi ne dit pas, en revanche, que l’assureur paiera ton prix. Il paie d’après l’expertise, et l’expert peut comparer ton taux à ceux des ateliers voisins. C’est l’objet de l’article sur l’expert et le taux horaire.
Ce que l’agréé a de plus que toi#
En échange de ses tarifs négociés, l’atelier agréé reçoit des clients en nombre, figure sur la liste que l’assureur donne à ses assurés, et se fait payer directement par l’assureur.
Pour ton client, c’est ce dernier point qui compte : chez l’agréé, il n’avance rien. Tu peux lui offrir la même chose avec une cession de créance.
La cession de créance, en quatre gestes#
Ton client te transmet l’indemnité que son assureur lui doit pour la réparation. L’assureur te paie directement, et ton client n’avance que ce qui reste pour lui.
- Tu la fais signer à l’accueil, avec l’ordre de réparation. Sans papier signé, pas de cession. Le modèle de cession de créance se remplit en ligne et sort en PDF.
- Tu l’envoies à l’assureur le jour même, en recommandé avec avis de réception. Tant qu’il ne l’a pas reçue, il peut encore payer ton client.
- S’il dit non, tu tiens bon. Son accord n’est pas nécessaire, et une clause qui interdit à ton client de te céder l’indemnité ne vaut rien depuis décembre 2020. S’il t’en oppose une, cite-lui l’article L211-5-2 du code des assurances.
- Tu sais qu’il ne paiera pas plus que ce qu’il doit à ton client. Franchise, vétusté, plafonds : il te les oppose comme à lui. Des réparateurs lui ont réclamé le reste de leurs factures, et la Cour de cassation leur a donné tort trois fois depuis décembre 2025.
Le reste, ton client te le doit : la franchise, ce que son contrat ne couvre pas, et l’écart entre ta facture et ce que l’assureur verse. Demande le chiffre de l’expert avant de commencer, et dis à ton client ce qui restera pour lui. Expliquée avant, la cession rassure. Découverte à la restitution, la différence te coûte un client, et un avis.
Ta fédération (FNA, Mobilians, FFC) propose aussi ses formulaires et ses outils d’envoi.
Les photos qui font venir le suivant#
Avant d’appeler son assureur, ton client a déjà choisi à qui il fait confiance. Ce qui le décide, c’est ce qu’il a vu de ton travail.
À l’arrivée, photographie la voiture comme pour une expertise à distance. La charte experts-réparateurs de 2024 donne la liste : l’immatriculation, le compteur, le numéro de série gravé à froid, une vue d’ensemble de chaque dommage, une photo par pneu, tout ce qui est dangereux, et assez de photos pour expliquer ta méthode de réparation. Elles servent à l’expert, et elles montrent l’état de la voiture quand tu l’as reçue.
À la sortie, reprends les mêmes angles. La paire avant/après convainc le client suivant, si tu la publies proprement :
- masque la plaque, la CNIL la tient pour une donnée personnelle ;
- demande son accord à ton client avant de montrer sa voiture ;
- demande un avis à tous tes clients, de la même façon : Google interdit de ne solliciter que les contents, et d’offrir quoi que ce soit en échange.
Le détail est dans publier les voitures de tes clients.
Ce que tu dis au téléphone#
Un client t’appelle avant de déclarer son sinistre ? Quelques phrases suffisent :
Vous pouvez faire réparer chez nous : c’est votre droit, et votre contrat le mentionne. Déclarez le sinistre et donnez notre nom. On s’occupe des photos pour l’expert. Avec une cession de créance, votre assurance nous paie directement sa part. Ce qui resterait à votre charge, je vous le dis avant les travaux.
Mets la même chose sur ton site et sur ta fiche Google. Celui qui cherche un carrossier après un accrochage le lira avant d’appeler son assureur, et il saura quoi lui dire.
Sources#
- Code des assurances, article L211-5-1 et article L211-5-2 (Légifrance)
- Arrêté du 17 juin 2016 sur l’information de l’assuré au moment du sinistre (Légifrance)
- Code civil, articles 1321 à 1326, la cession de créance (Légifrance)
- Cour de cassation, 2e chambre civile : 18 décembre 2025, n° 24-15.747, 22 janvier 2026, n° 24-19.267, 9 juillet 2026, n° 25-10.710
- La cession de créance et fiche « Facturation et liberté des prix » (FNA)
- Charte experts en automobile et réparateurs, 16 septembre 2024 (FFEA)
- CNIL, publier la photo d’un véhicule et règles de Google sur les avis
Textes lus le 26 septembre 2026 ; la cession de créance, les arrêts et l’arrêté de 2016 relus le 18 octobre 2026.
Questions
Un assuré peut-il faire réparer sa voiture chez un carrossier non agréé ?
Oui. Son contrat d’assurance auto doit lui dire qu’il choisit son réparateur, et l’assureur doit le lui rappeler dès qu’il déclare le sinistre, par écrit si l’échange se fait au téléphone.
L’assureur peut-il refuser une cession de créance ?
Non, il n’a pas à être d’accord, et une clause de son contrat qui l’interdirait ne vaut rien depuis décembre 2020. Il faut seulement qu’il ait reçu la cession : un recommandé avec avis de réception fait l’affaire.
Avec une cession de créance, l’assureur paie-t-il toute la facture ?
Non. Il paie ce que le contrat de ton client prévoit et ce que l’expert a retenu, pas plus. La franchise, ce que le contrat ne couvre pas et l’écart de taux horaire restent à ton client.