Ton client conteste le rapport de l’expert. Ce que tu lui réponds, qui paie la contre-expertise, ce que tu donnes au dossier et ce que tu ne fais jamais toi-même.
Ton client revient avec le rapport. L’expert a estimé sa voiture plus bas qu’il ne pensait, ou il a retenu de la vétusté sur des pièces que tu remplaces. Il te demande : « On peut contester ? »
Oui. Mais la contre-expertise, c’est lui qui la mène, pas toi. Toi, tu as de quoi la faire tenir : la voiture telle qu’elle est arrivée, ton devis, et ce que l’expert a signé avec toi.
Ce que tu lui réponds#
Il peut demander un second expert, qu’il choisit lui-même sur la liste nationale des experts en automobile. La loi réserve ce travail aux experts inscrits. Le second expert ne bosse pas dans son coin : il fait une expertise « amiable contradictoire » avec celui de l’assureur. S’ils ne s’entendent pas, un troisième expert tranche.
Avant qu’il se lance, qu’il lise le rapport en entier. L’expert doit lui en envoyer une copie, avec ses conclusions et les documents qu’il a pris en compte. Puis qu’il ressorte son contrat : service-public.fr prévient que « les conditions de contestation sont souvent prévues dans votre contrat d’assurance », et c’est la clause d’expertise qui dit comment s’y prendre. Combien de temps il a pour demander la contre-expertise ? Nous n’avons trouvé aucun délai dans les textes. Là encore, c’est le contrat.
Ce qu’il peut contester#
Tout ce que l’expert a tranché : les dommages et leur lien avec l’accident, la façon de réparer, le prix des réparations, la vétusté, et la valeur de la voiture (la VRADE, valeur de remplacement à dire d’expert). L’assureur paie les réparations dans la limite de cette valeur, franchise déduite. Plus elle est basse, moins il touche.
Pour la valeur, le geste est simple : ton client réunit des annonces de voitures pareilles à un prix plus haut, et les factures des dernières réparations. La fiche officielle cite les deux.
Si la voiture part en perte totale, l’assureur lui propose de la racheter, et il a trente jours pour répondre. C’est à ce moment-là qu’il conteste.
Qui paie, et combien#
Lui. L’assureur paie l’expert qu’il a désigné, et la contre-expertise est « en principe » à la charge de celui qui la demande. Un troisième expert se paie moitié-moitié.
Aucun tarif n’est fixé. Le site du service public donne un coût moyen « entre 70 € et 400 € » pour une expertise auto. L’expert doit annoncer son prix à qui veut faire appel à lui : ton client le demande avant de signer.
Deux pistes pour alléger la note. Certains contrats ont une garantie honoraires d’expert, qui rembourse jusqu’à un plafond. Et s’il a une protection juridique, c’est son contrat qui dit ce qu’elle prend en charge.
Fais le calcul avec lui, sur un exemple inventé. L’expert retient 4 200 €, ton client trouve des voitures pareilles à 5 000 € en annonce. Pour 800 € d’écart, une contre-expertise à quelques centaines d’euros se défend. Pour 150 €, rarement.
Ne touche pas à ce qui est discuté#
Là-dessus, la fiche est nette : « Vous ne devez pas faire réparer le véhicule avant le passage de l’expert », sauf urgence comme une mise en sécurité. Si ton client conteste, dis-lui que tu attends avant de toucher aux pièces en cause. Ça te coûte quelques jours de place à l’atelier, ça lui garde ses preuves.
Une contre-expertise reste possible après les travaux : le rapport doit même préciser si l’expert est passé avant, pendant ou après les réparations. Mais il ne verra jamais ce que ta réparation a effacé. Il travaillera sur ce que tu as gardé.
Ce que tu donnes au dossier#
- Les photos d’arrivée, datées. La voiture telle qu’elle est entrée, de loin puis de près, avant le moindre démontage. Puis celles du démontage, qui montrent ce que la carrosserie cachait. C’est l’objet de l’article sur la séance photo à la réception.
- Ton devis et l’ordre de réparation signés, avec ta méthode et ton taux. Un modèle d’ordre de réparation est prêt à remplir.
- Le procès-verbal de désaccord, si tu en as un. Si ton organisation a signé la charte experts-réparateurs de 2024 (FFCM, FNA, Mobilians), l’expert et toi signez avant les travaux un procès-verbal de désaccord « détaillé et commenté ». C’est la meilleure pièce à remettre au second expert.
- Les pièces remplacées, gardées tant que rien n’est réglé.
Ce que tu ne fais pas toi-même#
La contre-expertise, tu ne peux pas la faire. La loi interdit au métier d’expert toute activité de réparation, et se dire expert sans l’être est puni. Ton devis reste un devis.
- C’est ton client qui choisit et mandate l’expert. Un expert n’agit à la place du propriétaire qu’avec son mandat écrit. Donne-lui la liste, laisse-le choisir et signer.
- Ton propre désaccord passe par le procès-verbal, pas par une contre-expertise. Si c’est ton taux horaire que l’expert baisse, lis l’article sur tes recours.
- Dis-lui par écrit ce qui reste à sa charge, dès que tu le sais, avec des mots simples. La charte demande aux deux professionnels de lui donner des informations « vulgarisées ».
- Ne promets rien. Le second expert est libre de ses conclusions, comme le premier.
Si ça bloque encore#
Service-public.fr donne l’ordre : une réclamation à l’assureur, la contre-expertise, le médiateur de l’assurance, et « en dernier recours » le juge. Pour agir en justice contre son assureur, ton client a deux ans. Et à chaque marche, on lui redemandera la même chose : à quoi ressemblait la voiture le jour où elle est entrée.
Sources#
- « Assurance auto : comment se déroule l’expertise ? », vérifiée le 22 avril 2026 (Service-public.fr)
- « Accident de la route : indemnisation des dégâts matériels d’une voiture ou moto ou scooter », vérifiée le 29 avril 2025 (Service-public.fr)
- Code de la route, articles L326-4 (la liste nationale), L326-6 (l’expert ne répare pas), L326-8 (se dire expert sans droit), L327-1 (les trente jours en perte totale), R326-1 (le prix annoncé, le mandat écrit) et R326-3 (le rapport et sa copie) (Légifrance)
- Code des assurances, articles L114-1 (deux ans pour agir) et L127-1 (la protection juridique) (Légifrance)
- Liste nationale des experts en automobile (Sécurité routière)
- Charte experts en automobile et réparateurs, signée le 16 septembre 2024 (FFEA), engagement n° 2
Textes lus le 8 octobre 2026.
Questions
Qui paie une contre-expertise automobile ?
En principe, l’assuré qui la demande. L’assureur paie l’expert qu’il a désigné, et si un troisième expert doit trancher, ses honoraires sont partagés à parts égales. Certains contrats ont une garantie honoraires d’expert, qui rembourse jusqu’à un plafond.
Combien coûte une contre-expertise auto ?
Aucun tarif n’est fixé. Service-public.fr donne un coût moyen d’expertise automobile entre 70 € et 400 €. L’expert doit annoncer son prix à qui veut faire appel à lui : demande-le avant de signer.
Comment contester un rapport d’expertise automobile ?
On lit le rapport, que l’expert doit envoyer au propriétaire, puis la clause d’expertise du contrat. Ensuite, d’après service-public.fr : une réclamation à l’assureur, une contre-expertise par un expert de la liste nationale, le médiateur de l’assurance, et en dernier recours le juge.
Peut-on faire une contre-expertise après réparation ?
Oui, mais le second expert ne verra jamais ce que la réparation a effacé. Il travaille sur les photos datées, les pièces déposées, le devis et les procès-verbaux. C’est pour ça qu’on ne répare pas avant le passage de l’expert, sauf urgence.
Le carrossier peut-il faire la contre-expertise lui-même ?
Non. La loi interdit au métier d’expert toute activité de réparation. Ton devis et tes photos nourrissent le dossier, mais le rapport vient d’un expert inscrit sur la liste nationale.
Quel délai pour contester une expertise automobile ?
Aucun texte ne fixe de délai pour la contre-expertise : c’est le contrat qui le dit. En perte totale, le propriétaire a trente jours pour répondre à l’offre de l’assureur. Pour agir en justice contre son assureur, il a deux ans.